1. L'histoire de l'Univers ramenée à une année

L'Univers a environ 13,8 milliards d'années. C'est une durée si vaste qu'elle dépasse l'imagination. Pour la rendre tangible, l'astronome Carl Sagan a popularisé une analogie devenue classique : comprimer toute l'histoire de l'Univers, depuis le Big Bang jusqu'à aujourd'hui, en une seule année calendaire.

Sur cette échelle :

Le Big Bang se produit le 1er janvier à minuit, et nous sommes le 31 décembre à 23 h 59 min 59 s. Voici les principales étapes de cette année cosmique :

Pour aller plus loin L'histoire des hommes (Homo sapiens, soit ~300 000 ans) tient dans les 11 dernières minutes du 31 décembre.
L'histoire écrite (5 000 ans) tient dans les 11 dernières secondes.
Une vie humaine de 80 ans tient dans environ 0,18 seconde.

2. La formation des roches sédimentaires et volcaniques

Les roches sédimentaires et les roches volcaniques représentent les deux grandes familles que l'on rencontre le plus souvent à la surface de la Terre. Bien qu'issues de processus très différents, elles sont liées par le grand cycle des roches qui transforme inlassablement les unes en les autres au fil du temps géologique.

Les roches sédimentaires

Les roches sédimentaires se forment par accumulation et consolidation de matériaux à la surface terrestre, au fond des mers, des lacs ou dans les déserts. Leur formation suit toujours le même cycle :

  1. Érosion — désagrégation des roches préexistantes par l'eau, le vent, le gel, la chimie ou les organismes vivants
  2. Transport — par les rivières, le vent, les courants marins, les glaciers
  3. Dépôt — quand l'énergie du transport diminue, les particules sédimentent par couches successives (les strates)
  4. Diagenèse — sous l'effet de la pression et de la circulation des eaux interstitielles, les sédiments se compactent puis se cimentent pour former une roche cohérente

On distingue trois familles selon l'origine des particules :

FamilleExemplesOrigine
DétritiquesGrès, argilites, conglomérats, sablesParticules issues d'autres roches (érosion mécanique)
BiochimiquesCalcaires, craie, charbon, silexRestes d'êtres vivants ou précipitation chimique d'origine biologique
ÉvaporitiquesGypse, sel gemme (halite), anhydritePrécipitation par évaporation d'eaux salées

Les roches sédimentaires couvrent environ 75 % de la surface des continents et constituent l'essentiel des terrains géotechniques courants en France. Elles enregistrent l'histoire de la Terre dans leurs strates et leurs fossiles.

Les roches volcaniques (et plutoniques)

Les roches magmatiques se forment par refroidissement et cristallisation d'un magma — une roche en fusion issue du manteau supérieur ou de la fusion partielle de la croûte. La vitesse de refroidissement détermine la taille des cristaux et donc la classification de la roche :

TypeRefroidissementTextureExemples
Volcaniques (effusives)Rapide, en surface (lave)Microcristalline ou vitreuseBasalte, andésite, rhyolite, obsidienne
Plutoniques (intrusives)Lent, en profondeurGrenue, gros cristaux visiblesGranite, gabbro, diorite, syénite

Selon leur composition chimique (teneur en silice), on distingue :

Le volcanisme actuel se manifeste sur les dorsales océaniques (volcanisme effusif basique), aux zones de subduction (volcanisme explosif acide) et au-dessus des points chauds (Hawaï, La Réunion, Islande).

3. La formation du Bassin Parisien

Le Bassin Parisien est l'un des plus grands bassins sédimentaires d'Europe et le plus important de France métropolitaine. Il s'étend sur environ 140 000 km² au cœur du pays, drainé par la Seine et ses affluents. Sa structure géologique conditionne directement les conditions géotechniques de l'Île-de-France.

Origine et structure

Le bassin s'est formé par subsidence (affaissement progressif) du socle hercynien à partir du Trias (il y a environ 250 millions d'années). À plusieurs reprises au cours de l'ère secondaire et tertiaire, des mers peu profondes ont recouvert la zone, déposant successivement des couches sédimentaires qui s'empilent jusqu'à 3 000 m d'épaisseur au centre du bassin.

La structure d'ensemble est en auréoles concentriques : les couches les plus jeunes affleurent au centre (Paris) et les plus anciennes en périphérie (Bourgogne, Lorraine, Normandie, Sologne). En coupe, l'image est celle d'assiettes empilées les unes dans les autres, légèrement basculées.

Une géologie en assiettes empilées — quand on s'éloigne de Paris vers les bordures du bassin, on traverse successivement des terrains de plus en plus anciens. Il suffit de quitter Paris vers l'est pour traverser, dans l'ordre : tertiaire (Île-de-France), crétacé (Champagne, craie), jurassique (Lorraine, calcaires), trias (avant le socle des Vosges).

Les principales couches géologiques (du plus récent au plus ancien)

ÉtageÂge approx.LithologieIntérêt
Stampien~30 MaSables de Fontainebleau, calcaires de BeauceAquifère, sables siliceux exploités
Bartonien~38 MaMarnes et gypses (Montmartre, Bois de Boulogne)Plâtre de Paris, anciennes carrières → aléa cavités
Lutétien~45 MaCalcaire grossier (« pierre de Paris »)Construction de Paris, anciennes carrières souterraines
Sparnacien~55 MaArgiles plastiques de VanvesSols sensibles au retrait-gonflement
Crétacé supérieur~70-90 MaCraie (Champagne, Picardie)Aquifère majeur, substratum résistant
Jurassique~150-200 MaCalcaires et marnes (Lorraine, Bourgogne)Pierres de taille, aquifères
Trias~200-250 MaGrès et argilites bigarréesBase sédimentaire au-dessus du socle

Importance géotechnique pour Paris et l'Île-de-France

La connaissance fine de la géologie du Bassin Parisien est indispensable pour toute construction en Île-de-France. Elle permet d'anticiper :

Les ingénieurs géotechniciens parisiens consultent systématiquement la carte géologique au 1/50 000 du BRGM et les bases de données des cavités (Inspection Générale des Carrières — IGC) avant tout projet.